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Qu’est-ce que le psychocorporel ?

Commençons par un petit exercice de sémantique : derrière le vocable < psychocorporel » se cachent 2 termes que la langue française n’associe plus aujourd’hui par un tiret. Elle aurait pu s’en contenter afin de rester conforme à Descartes qui incarne depuis le XVIIème siècle la vision dualiste corps-esprit, ou bien simplement à la religion chrétienne.  Mais voilà, elle a fait davantage : elle les a liés, alliés, reliés pour n’en faire qu’un mot, une entité, se rapprochant en cela des notions originelles défendues par Aristote ou bien évidemment par la pensée orientale (la médecine traditionnelle chinoise par exemple). N’en Retenons que l’alliance, l’unité entre le corps (soma) et l’esprit (psyché), sans priorité ou pouvoir donnés à l’un plus qu’à l’autre.  Allons plus loin : l’être est un tout indissociable, englobant à la fois son corps, son esprit, ses pensées, son histoire, ses croyances, ses relations aux autres et à son environnement. Un tout qui se crée, se gère mais qui reste en perpétuel mouvement. Un corps qui n’est sans aucun doute une référence seule au physique et au fonctionnel mais bien aussi le lieu d’affects, d’émotions, de représentations et. un formidable outil de relation.  Le principe du psychocorporel est posé et faisons de lui un adjectif qualificatif pour en apprécier ses apports.

La pratique dite psychocorporelle va donc partir de ce corps, s’en servir comme médiateur entre l’inconscient et le conscient, pour entreprendre un travail sur soi à visée de développement personnel, psychothérapeutique, prophylactique, voire préventif. Elle mène à la prise de conscience de ce qui se passe pour soi ici et maintenant mais également dans la relation à l’autre en permettant l’exploration de la panoplie des sensations, tensions, douleurs, émotions, perceptions, images (corporelles et mentales), et non en se préoccupant uniquement de la simple pensée. Tous ces éléments sont en effet langage et riches d’enseignement pour la personne. Elle tient compte parallèlement du constat établi par William Reich dans la théorie des cuirasses, à savoir que le corps enregistre notre vécu personnel et notre héritage familial, ce qui veut dire qu’il garde les traces de toutes nos blessures émotionnelles et de nos souvenirs douloureux. Le travail sur le corps permet alors de soulager les tensions corporelles, voire de les débloquer, pour ensuite apaiser les maux de l’esprit, se libérer des émotions comme des mémoires enfouies. C’est donc une action sur tous les fronts qui vise à repérer les dysfonctionnements et à rétablir l’équilibre de l’être. La personne prend effectivement le temps de se reconnecter à son schéma corporel, de ressentir et d’entamer un dialogue avec son intérieur pour se connaître, repérer ses manques ou besoins et réparer s’il y a lieu. Ponctuellement, la personne peut en effet y trouver une aide pour faire face à une difficulté personnelle, dénouer des problématiques relationnelles ou soulager les cas de somatisation. La liste des bienfaits n’est pas exhaustive et reste propre à chacun.

En cela, l’accompagnement par un praticien en psychocorporel est recommandé car, par-delà son écoute, il facilite l’accès à un niveau supérieur de lecture et aiguille ainsi le cheminement personnel, toute neutralité gardée et en laissant la personne trouver cependant elle-même ses réponses. Il a pour ce faire la capacité à décoder les messages délivrés par le biais des informations physiologiques, biologiques et émotionnelles qui lui sont communiqués corporellement et verbalement

par le consultant. Il reste attentif aux indices apportés par les maladies (< le mal a dit ») quant il y en a, au langage corporel qui se reconnaît dans les gestes, la posture ou les déplacements du corps par exemple, et à la verbalisation proprement dite. Il pratique au besoin des techniques diverses et nombreuses, du type relaxation, dynamique émotionnelle, énergétisation du corps et peut avoir recours à des moyens d’expression que sont le dessin, la musique ou les jeux de rôle éventuellement. Par ailleurs, il accorde une importance certaine à la symbolique, le corps exprimant les messages de l’inconscient par le biais de symboles qu’il faut là-aussi savoir décoder. Elle est à la fois universelle quant au fait qu’elle peut trouver son signifiant dans la culture et l’environnement de l’Homme, une couleur ou une forme ayant une signification commune à un groupe par exemple, mais elle est aussi toute personnelle car elle révèle l’intérieur de l’individu, ses mots (ou < maux ») nous renseignant sur ses symboles nés du particularisme du rapport à son vécu dans toutes ses dimensions.

Pour conclure, le psychocorporel est une approche globale de la personne dont l’esprit et les outils se retrouvent dans des activités telles que la sophrologie, les massages thérapeutiques, la bioénergie, les activités énergétiques, la relation d’aide pour ne citer qu’elles. A moins que le rapport ne soit inversé, c’est selon. Ce sont néanmoins autant de disciplines humanistes qui œuvrent à la compréhension pour un mieux-être au quotidien, de soi à soi et de soi au milieu des autres. De par la variété existante, chacun reste libre de trouver celles(s) qui lui convien(nen)t. Mais là c’est assurément une autre thématique à développer.

Article rédigé par Sandrine Toupenay
Sophro-relaxologue
03 83 98 34 07

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